RÉSIDENCE ARNAUD ROMET

30/11 au 5/12 • Labo Flashback –

“La dent douce” : Projet de live électroacoustique programmé dans le cadre du festival Licence(s) / Brûlure des Langues, organisé par Alexandre Yterce à Paris au mois de mars 2021.

“La Dent Douce est un projet de musique électroacoustique qui s’appuie sur des enregistrements de séances de soin réalisées chez un dentiste, à partir desquels il va composer une création sonore électroacoustique qui sublimera les sons de soins dentaires”.  

*Compositeur de musique électroacoustique, Arnaud Romet est le lauréat de l’édition Ganta 3, et avait été accueilli du 25 au 3/12/19 au Labo Flashback.

“C’est une musique que je souhaite agréable et parfois inconfortable comme ce sentiment d’intériorité insécure que l’on éprouve quand on est chez un  dentiste, et que l’on se situe dans des allers-retours entre départs dans  l’imaginaire des sons, sensations intérieures et nécessité de contrôle de  surveillance de réactivité… “

Concert de création – septembre 2019 – festival Son Miré (11) – A/R éléments/terre 

On peut se sentir, quand cela se passe bien, dans une sorte de nuage sonore intérieur, particulier, qui vient de la bouche et résonne dans notre intériorité par  les dents les os et notre corps, jusque dans nos oreilles, notre “oreille interne”.. On peut craindre en soubassement des dérapages, des accroches, des titillements nerveux ou des douleurs.  

Beaucoup des sons produits pendant ces séances sont intéressants, nous  promenant dans des vibrations particulières, intimes, qui vont des souffles des aspirateurs aux contacts des molettes, aux petits coups de burin, aux triturations  diverses… et qui nous touchent drôlement, nous concernent, résonnent en nous. 

C’est en somme une espèce de “voyage au centre de la bouche” que je  propose, au centre de nous-mêmes. 

Comme une séance de spéléologie minérale et aérienne, qui oscille entre la confiance et le contrôle, la détente et la défiance, l’allègement et le retour au  corps… avec pour idée est que cela se finisse bien…”.

Note d’intention – Arnaud Romet 

« J’ai souvent caressé le rêve – comme une molette caressant une dent dans ces longues séances de massages stoïques d’alpinisme dentaire, d’enregistrer les sons de ces manipulations pour en faire une composition, une abstraction  sonore, une recomposition musicale… à partir des sons variés de roulettes,  ponceuses, aspirateurs, aéropolisseurs, coups de burins, souffles aux infinies  nuances… 

C’est lors d’une discussion avec le Dr Gayrard à Toulouse que s’est  concrétisée cette idée. M. Gayrard est mon dentiste depuis 5 ans, c’est un  orfèvre qui m’a sauvé de bien des périls, avec habilité et tact. 

J’ai donc réalisé 2 séances d’enregistrements, sur 2 après-midi, dans son  cabinet, à enregistrer les séances, les micros pointés sur le petit théâtre de  bouche des patients et sur les machines et outils multiples. 

De ces sons récoltés, je propose une composition, qui soit un voyage  turbulent vers un adoucissement de la dent, vers une plaine apaisée,  composition que je compte donc appeler La dent douce, avec délicatesse,  rudesse, humour, tendresse…  

Je dois dire que j’aime, dans mon approche de la musique  

électroacoustique ou concrète, ce côté quasi documentaire, qui s’appuie sur des  sons du réel et puis s’en va vers l’abstraction. Tout comme j’avais réalisé un  projet il y a quelques années sur le travail d’un plasticien à l ‘œuvre dans son  atelier, enregistrant ses pinceaux, couteaux, outils divers, je compte décliner ici toutes la palette sonore de l’univers du dentiste. 

Mais le but est avant tout de partir en voyage sonore. Les séquences que  j’ai capturées modulent souvent dans un vol plané, une concentration, une  apnée, une recherche très concentrée et très intéressante. Certaines captation  brutes, en elles-mêmes, me font penser à des improvisations de musique  contemporaine concentrées de belle facture.  

J’apporterai mon expérience d’électroacousticien pour moduler toutes ces  matières sonores, partir de la pierre et de l’outil vers des abstractions mentales. C’est avec une certaine jubilation que je créerai ce set sonore en live, me  permettant d’être présent,intuitif, à l’écoute du public de l’heure et du lieu. Il y a dans ce projet aussi une certaine dimension morale, une dimension  d’apaisement, de maturation : de pardon. A l’inverse de cette expression d’  « avoir la dent dure », c’est à dire de ne pas pardonner, de ne pas oublier, rester sur la colère et la récrimination, on peut passer à celle d’ « avoir la dent  douce », c’est à dire, laisser passer les aspérités de la vie et aller vers un  apaisement. 

Avec un peu d’humour on pourrait même dire : vers un aéropolissage. Si la dent est dure, elle peut-être très douce à l’écoute, et musicienne…. ».

Traitement sonore électroacoustique 

Le projet est de capter ces sons et de restituer le côté cru et bruitiste pour  vite partir dans des variations et transformations, en développant la sublimation  possible de ces sons, leur côté abstrait formidable. 

J’utiliserai tous les trésors de la composition sonore en studio pour  sélectionner les sons que j’ai enregistré en séances chez le dentiste, les moduler,  les filtrer, jouer d’effets, de répétitions, de triturations etc.  

Je concevrai ensuite ma pièce comme un live électroacoustique, un concert de vibrations intérieures, un petit théâtre ou opéra de bouche. 

D’une création en concert…. 

Le Projet donnera lieu à une un création électroacoustique donnée en  public en concert… Jeu en live avec les contrôleurs, claviers, samplers, micros,  écrans… à partir d’une partition schématique, interprétée sur l’instant. 

Il s’agira d’une spatialisation en quadriphonie, avec 4 enceintes aux 4 coins  de la salle, et un sub. 

Durée du concert : 40/45 minutes, 

… à une écoute singulière… 

Je projette ensuite de faire une seconde version en créant un petit dispositif immersif pour un auditeur à la fois, dans le cabinet d’un dentiste, allongé dans le  fauteuil du patient, entouré cette fois-ci de petites enceintes.

Durée des séances : 10/15 minutes 

Spectacle Le Verbe – Cie iatus – 2004 – d’après le texte Le Verbe de Ghérasin Luca