RÉSIDENCE LAURENT REDOLFI “L’EAU BLANCHE”

28 sept – 01 octobre • Labo Flashback  

[L’eau blanche] : Ce nouveau projet résulte d’une rencontre improbable sur Internet. Le hasard d’une photographie vue sur un site de Photographes Afghans pendant le confinement. Je rentre en contact avec ce photographe pour lui demander l’autorisation de partager sa photo, (un vendeur de fraise sur le marché de Kaboul) sur ma page Facebook.

Après un échange de messages sur nos pays respectifs, il m’apprend qu’il est un jeune musicien, joueur d’un instrument traditionnel : le Rubab. Je lui explique alors que je pratique l’art sonore et que je suis très intéressé par cet instrument. En effet je donne des cours de français à de jeunes réfugiés Afghans et lorsque nous parlons musique, ils me parlent très souvent de cet instrument. On l’entend aussi bien dans la musique traditionnelle que dans le rap. Nous décidons de travailler à distance sur un projet très important pour lui ; Il y 6 ans lors d’un concert à l’institut Français de Kaboul traitant du traumatisme des attentats, durant la représentation, un jeune kamikaze de 17 ans se fait exploser à la 20ème minute parmi les spectateurs. 4 morts et de nombreux blessés. Cette pièce musicalement traitera de sa vie avant et après cet attentat. Elle mêlera des sons fixés enregistrés à Kaboul par ce jeune musicien ; Samim Zafar, des voix françaises et afghanes, des sons de médias traitants de ce drame et le jeu en live de ce musicien. Le titre de l’oeuvre est extrait d’un proverbe afghan : “ Bien que le nuage soit noir, c’est de l’eau blanche qui tombe…” .

Son travail est le résultat de deux expériences : la radio pour laquelle il a effectué des reportages, des interviews et l’art acousmatique pour lequel il a suivi l’enseignement de Denis Dufour en 2000 au conservatoire de Perpignan. C’est un mix de voix, de sons concrets visant généralement à mettre en avant ceux qui n’ont jamais la parole. Pour la partie radio ses influences vont de Yann Paranthoën à Sylvie Noël et pour la partie musicale de Dominique Petitgand àux Kristoff K Roll.